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Naturopathie

Problèmes d’ovulation, et si c’était un dérèglement de la prolactine ?

La prolactine, hormone favorisant la production de lait chez la mère, inhibe l’ovulation. Dans les mois qui suivent un accouchement, c’est normal. Mais certaines femmes, pour des raisons pathologiques, deviennent infertiles du fait d’une hyperprolactinémie. Les mécanismes viennent enfin d’être élucidés…

Le cycle féminin étant complexe, il existe de nombreuses raisons d’être infertiles. La production excessive de prolactine en dehors des périodes d’allaitement en est une parmi d’autres. Dans ces conditions, aucun ovule comme celui à l’image ne peut mûrir et les chances de fécondation sont donc nulles. 

L’allaitement bloque l’ovulation et donc augmente la prolactine

Il est bien établi que l’allaitement chez la femme entraîne à la fois une augmentation de la sécrétion de l’hormone prolactine et inhibe les capacités d’une femme à ovuler. Ceci empêche la survenue d’une nouvelle grossesse trop précoce, raison pour laquelle l’allaitement a été utilisé comme méthode contraceptive par le passé. 

En parallèle à cet état physiologique, il existe de nombreuses situations pathologiques où la prolactine augmente. Parmi les plus fréquentes, certaines tumeurs qui entraînent une trop forte sécrétion de cette hormone (attention je ‘est pas dit que si votre taux est élevé que vous avez un cancer, no stress). Chez ces femmes existe une infertilité chronique du fait qu’elle n’ovule pas et c’est ce cas que je rencontre le plus souvent. 

Les travaux des chercheurs de l’Inserm (Unité 693 « Récepteurs stéroïdiens : physiopathologie endocrinienne et métabolique ») ont permis de découvrir le mécanisme intime des altérations de l’hyperprolactinémie sur la reproduction chez la souris. Ces résultats sont publiés dans JCI

Ces hormones qui perturbent l’ovulation

Les hyperprolactinémies sont une cause majeure d’anovulation, et responsables de troubles des règles et d’infertilité. Toutefois, les mécanismes à l’origine de cette pathologie n’étaient pas finement connus. On savait seulement que l’élévation de la prolactine entraînait chez la femme une perturbation d’une des hormones les plus importantes dans la reproduction et la fertilité : la GnrH, hormone produite par l’hypothalamus et régulant les taux d’autres hormones, LH et FSH indispensables pour le bon déroulement des cycles menstruels. 

La prolactine est nécessaire à la production de lait. Il est donc normal qu’à cette période de la vie la mère en produise davantage. En revanche, des taux élevés en dehors de cette période sont le signe d’une pathologie qui rend infertile. 

Cet effet inhibiteur de la prolactine sur les neurones à GnRH n’était pas compris car ces neurones dans leur grande majorité n’exprimaient pas le récepteur de la prolactine. Alors les chercheurs ont émis une autre hypothèse : celle d’une action indirecte via d’autres molécules.

La prolactine contrée par la kisspeptine

L’équipe de Jacques Young et de Nadine Binart à l’hôpital de Bicêtre a mis en évidence un effet indirect de la prolactine sur la GnRH. Ils ont démontré, en utilisant un modèle de souris de la maladie (allez encore un test sur les animaux!!), que la prolactine inhibe la sécrétion de neurones situés en amont des neurones à GnRH et essentiels à leur fonctionnement. Ces cellules nerveuses sécrètent une neurohormone appelée kisspeptine. 

Chez ces souris, l’hyperprolactinémie inhibe directement la sécrétion de kisspeptine et par ce fait empêche la sécrétion de GnRH et la cyclicité ovarienne. L’administration de kisspeptine permet quant à elle de rétablir la libération de GnRH et le fonctionnement cyclique des ovaires et l’ovulation malgré l’hyperprolactinémie.

Il s’agit là à la fois d’une découverte physiopathologique expliquant pour la première fois le lien entre l’infertilité et l’hyperprolactinémie et d’autre part une approche permettant une ouverture thérapeutique originale. Des études sont en cours pour valider le concept chez la femme, ce qui permettra de proposer une alternative thérapeutique quand il existe une résistance aux médicaments actuels. Pour celles qui ne réagissent pas aux traitements de stimulation ovarienne, petites pistes.

Comment faire baisser ce taux de prolactine naturellement ?

Éviter la bières et autres plantes galactogènes

Pour éviter de trop stimuler sa production de prolactine, il faut éviter de consommer de l’alcool et plus particulièrement de la bière. En effet, la bière a des propriétés galactogènes ou plutôt le houblon contenu dans celle-ci et était traditionnellement utilisée pour favoriser l’allaitement. Il est connu également que l’alcoolisme augmente les niveaux de prolactine aussi bien chez la femme que chez l’homme.

Des plantes comme le fenugrec, le chardon marie, le fenouil (les graines)… et bien d’autres encore, peuvent également stimuler la prolactine. Si vous consommez de nombreuses tisanes, ou utilisez de la phytothérapie, il est important de vérifier au préalable qu’elles ne font pas partie des plantes galactogènes ou d’être suivi par votre naturopathe préféré, de plus attention au fenugrec qui provoque des contractions utérines et donc peut être très dangereuses après un tranfert.

Une hygiène de vie adapté

Une bonne gestion du stress vous sera également bénéfique : méditation, yoga, sophrologie, massage… Ces pratiques peuvent vous aider à diminuer vos niveaux de prolactine, si l’origine de celle-ci est nerveuse. Si votre moyen de lutter contre le stress est le sport, attention tout de même à ne pas en pratiquer de façon intensive. En effet, l’activité sportive de haute intensité peut conduire à une production excessive de prolactine. 

Veillez également à avoir un apport correct en glucide dans votre alimentation, une glycémie basse peut également conduire à une hyperprolactinémie. 

Évitez les soutiens-gorges trop serrés ou les vêtements qui pourrait stimuler les mamelons. Je rappelle qu’habituellement c’est la succion du bébé sur le mamelon qui crée la lactation. Toute stimulation, même indirecte, peut potentiellement entretenir les niveaux de prolactine. 

Attention à l’automédication, même au naturel

Enfin des plantes, comme le gattilier, peuvent diminuer les taux de prolactine. La vitamine B6 est également efficace car elle inhibe la prolactine et la vitamine E semble, elle aussi, pouvoir réduire les niveaux de cette hormone. Veillez à vérifier auprès d’un professionnel de la santé, les bons dosages de ces plantes et/ou vitamines. L’automédication, même naturelle, comporte des risques, surtout en PMA où on peut avoir une éventuelle interactions avec vos traitements en cours.

Bien sûr, si vous souffrez d’anorexie mentale ou d’hypothyroïdie, il faudra travailler sur ces pathologies pour arriver à une baisse de la prolactine. 

Source : Futura science

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